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CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE

voir le paysan qui a acquis, réclamer dans la suite, le remboursement des sommes versées par lui.

La mentalité Irlandaise est excessivement curieuse. Ce peuple d’aspect léger et qu’une plaisanterie spirituellement placée console de ses pires malheurs, a d’autre part la persévérance obstinée qui nait de la routine. Il parait tenir moins à jouir des réformes désirables qu’à les réclamer. On ne le voit pas donnant quitus à l’Angleterre ; sa haine envers elle n’est pas une haine ordinaire ; il se plait à en dire du mal, à la gêner, à la harceler, à l’empêcher de dormir ; c’est son sport ; il ne saurait plus s’en passer. L’histoire lui a légué assurément, de légitimes griefs ; mais s’il n’en avait point à faire valoir, il en inventerait. Il semble s’être donné pour mission de faire payer aux Anglais, par des piqûres quotidiennes, le mal qu’il en a reçu. Et pour y parvenir, il lui faudra des siècles.

L’Irlande et l’Angleterre forment un ménage mal assorti, un de ces ménages où la femme ayant beaucoup à pardonner se croit libre de rappeler incessamment les torts de son conjoint, où toute discussion tourne à l’aigre, où l’on affecte de ne se point parler pendant de longs intervalles. Le divorce est irréalisable ; la barrière que la géographie lui oppose est bien plus infranchissable que toute autre. Il serait impossible à l’Angleterre et à l’Irlande de vivre l’une sans l’autre. Dans ces conditions le mieux est de travailler à s’entendre ; mais il ne faut pas s’illusionner sur le résultat final.

Tout ce que l’Angleterre fera de concessions à l’Irlande est justifié par les grandes iniquités qu’elle a commises jadis à son égard ; quant à ce que ces concessions amènent la paix totale, il n’y faut point compter.

Théâtres en plein air.

L’initiative si heureuse et si originale prise par M. Maurice Pottecher, le créateur du théâtre populaire de Bussang, commence à donner ses fruits ; il est acquis désormais qu’un plein succès attend les tentatives de restauration de l’ancien art dramatique, qui avait la nature pour cadre, les passions simples pour ressort et le peuple pour auditoire. On allait trop loin, vraiment, dans le chemin de l’artificiel et du quintessencié ; il était temps que les réminiscences du passé fassent éclore quelque chose de plus réel et de plus franc. La suppression de la plupart des « aides »