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REVUE DU PAYS DE CAUX

homme de ressource, s’il en fut, a entouré ce séjour d’un éclat inusité et a multiplié ses conférences avec son éminent collègue ; si même il ne s’est rien passé d’important pendant lesdites conférences, il importe que l’opinion en tire l’impression d’une entente toujours parfaite entre les deux pays.

Au pays des mandarines.

Jusqu’au jour où M. Chamberlain traversa leur île en coup de vent et tonna superbement contre leur ignorance de la langue anglaise, les Maltais vécurent tranquilles ; leur conseil de gouvernement se composait de dix membres nommés par le roi d’Angleterre et de treize membres élus par eux-mêmes. Le nombre de ces derniers a été réduit à huit et, par cette soustraction bien simple, on se flattait d’annihiler les résistances du patriotisme maltais ; naturellement on les a exaspérées et huit protestataires ont été désignés par les électeurs avec mission de rendre la vie aussi dure que possible aux conseillers royaux. Il semblerait que le gouverneur se soit rendu compte de l’inutile danger présenté par cette ligne de conduite agressive ; il est allé à Londres plaider la cause de ses administrés : sans doute la retraite de M. Chamberlain, auteur de tout le mal, lui a paru une occasion favorable. Puisse-t-il réussir. Nul intérêt si capital n’exige que la langue anglaise s’implante dans l’île et le déracinement de la langue italienne, par contre, ferait perdre aux Anglais l’estime et la confiance qu’ils ont acquise. Malte est une place forte et ne sera jamais une colonie. Pourquoi les éleveurs de mandarines parleraient-ils anglais ?

Le krach du socialisme allemand.

Nous l’avons annoncé — seuls, ou à peu près dans la presse — au lendemain du scrutin triomphal qui avait envoyé siéger au reichstag une imposante délégation socialiste ; et voici que le congrès de Dresde a montré bien vite à quel point est peu fait pour la victoire un parti dont toute l’autorité repose sur un mirage et sur une fiction. Il ne la supporte point ; la précision du fait le trouble et le désorganise, éparpille ses forces et disjoint ses liens. Les réunions de Dresde ont été édifiantes ; le prophète Bebel y a déployé toute son éloquence et accompli des prodiges oratoires.