Page:Revue mensuelle d’économie politique - 1836 - T5.djvu/259

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dire que les métaux précieux jouissent, plus que toutes les autres marchandises, ou, pour mieux dire, au suprême degré, d’une utilité universelle.

2° L’or et l’argent ont des qualités uniformes par toute la terre. Il n’y a qu’une seule espèce d’or et d’argent. L’or et l’argent tirés des mines de l’Asie sont parfaitement égaux et équivalent de tout point à ceux qui sortent de l’Europe, de l’Afrique et de l’Amérique.

Cette seconde qualité des métaux précieux est encore une propriété dont ils jouissent presque exclusivement. Dans toutes les autres marchandises, ou du moins dans la plus grande partie d’entre elles, il est facile de signaler une infinie variété de mérites et de qualités. Combien y a-t-il, ou pour mieux dire, combien n’y a-t-il pas d’espèces de vin, de laine, de froment ? Combien de qualités de bois, d’huile, d’étoffes et de tissus de toute nature ? Quelle idée pouvons-nous nous faire d’une aune de toile ou de drap, si l’on n’a pas le soin de nous en indiquer la qualité ? Voilà certes un désavantage évident que nous n’éprouvons point lorsqu’il s’agit des métaux précieux. Quand on nous parle d’une once d’or ou d’une livre d’argent, nous savons qu’il est question de la seule et unique espèce d’or ou d’argent qu’il y ait dans la nature.

3° L’or et l’argent sont pour ainsi dire indestructibles, et, tout au moins, ils ne se consomment que fort à la longue. Sans s’altérer au fond, ils changent facilement de forme et de destination. Un plat d’argent, une boite de montre, une pièce de monnaie, peuvent servir pendant une longue suite d’années, et