Page:Richard - Acadie, reconstitution d'un chapitre perdu de l'histoire d'Amérique, Tome I, 1916.djvu/68

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les bases d’un établissement. Aucune de ces tentatives ne put aboutir à un résultat pratique. Sur le nombre il y en eut qui furent d’abord assez heureuses pour faire concevoir de grandes espérances ; mais invariablement elles étaient suivies d’une autre si désastreuse que la nation qui en était la victime perdait pour un temps toute idée de fondation de colonie. Chacun des pays qui s’aventurèrent dans ces entreprises connut ainsi tour à tour le succès et les déceptions. Une, deux, et quelquefois même trois expéditions se succédaient rapidement pour se terminer par un nouveau malheur, et la partie était abandonnée. L’on passait de l’enthousiasme au découragement et du découragement à l’enthousiasme. Chaque nation voulait faire mieux que sa rivale ; à chaque expédition nouvelle l’on s’efforçait d’éviter les fautes commises dans les précédentes ; mais la même fin déplorable guettait les plus beaux débuts. Il fallait que l’appât du gain, l’ambition, les jalousies fussent bien tenaces pour ne pas détourner à jamais les peuples de ces stériles tentatives. Des nombreuses croisières d’explorations qui cinglèrent vers l’ouest, quatre trouvèrent leur sort dans les flots de l’océan ; quelques autres furent dispersées par les tempêtes et partiellement détruites ; le reste fut décimé par la maladie et la misère.

L’expédition qui approcha le plus près du succès définitif fut entreprise en 1541, sous la direction de Roberval[1], que

  1. « Celui qui parût entrer davantage dans cette pensée (qu’on ne se rebutât point sitôt d’une entreprise dont le succès ne devait pas dépendre d’une ou deux tentatives) fut un gentilhomme de Picardie nommé François de la Roque, Seigneur de Roberval, et que François I appelait quelquefois le Petit Roy du Vimeu. Il demanda pour lui-même la Commission de poursuivre les découvertes. Le Roy par ses Lettres Patentes datées du 15 janvier 1540, le déclare Son Vice-Roy et Lieutenant-Général en Canada, etc., M. de Roberval partit l’année suivante avec cinq vaisseaux, ayant sous lui Jacques Cartier en qualité de