Page:Richard - Acadie, reconstitution d'un chapitre perdu de l'histoire d'Amérique, Tome I, 1916.djvu/77

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tions. Samuel Argall, qui a laissé un si triste souvenir en Virginie, a l’honneur d’avoir inauguré le conflit qui avait pour objet la possession de tout le territoire nord américain, si nous pouvons ainsi parler des actes de piraterie dont il fut l’auteur. Son premier coup fut la destruction de l’établissement de Saint-Sauveur, dans l’île du Mont Désert, sur la côte du Maine, et le prétexte qu’il allégua pour couvrir son infamie fut le voyage de Cabot, entrepris cent seize ans auparavant. Encouragé par ce succès facile, il revint à la charge, et cette fois ce fut Port-Royal qui fut anéanti.

Tous les sacrifices de temps et d’argent que Poutrincourt s’était imposés se trouvaient donc réduits à néant ; et la France devait se soucier bien peu de sa colonie, sinon de l’honneur national, puisqu’elle ne fit aucune démarche pour demander réparation de l’outrage commis par Argall[1]. Aussi, pendant vingt ans, il n’est pour ainsi dire plus question de l’Acadie, tellement qu’en 1621, Sir Wiliam Alexander, comte de Stirling, en obtint la concession du roi d’Angleterre [2]. Et cependant, les colons que Poutrincourt avait

  1. Samuel Argall apparaît dans l’histoire en 1609, parmi les premiers aventuriers qui vinrent tenter fortune en Amérique. C’est lui qui amena d’Angleterre Lord Delaware, le 6 juin 1610, à temps pour empêcher les colons d’abandonner Jamestown. Il est fameux pour s’être emparé par ruse de Pocahontas, fille d’un grand chef sauvage. Ses audacieux coups de mains contre les établissements français de l’Île du Mont Désert et de Port-Royal sont diversement interprétés par les historiens. En mai 1617, il revint en Virginie avec le titre de député-gouverneur. Le 26 juin 1622, fut fait chevalier par Jacques I à Rochester. Il mourut eu janvier 1626. Fiske qualifie Argall de astute and foxy. V. New France and New England, p. 71 & seq. Houghton, Mifflin and Co. Boston & New York 1914.
  2. William Alexander naquit à Menstrie House, près de Stirling, vers 1567. Vers 1604, épousa Janet, fille de Sir William Erskine. En 1621, reçut de Jacques I, d’énormes concessions de territoire embrassant la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, la péninsule de Gaspé, avec une charte le nommant