Page:Richardson - Histoire du chevalier Grundisson, Tome 2, 1763.djvu/363

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ne satisfaisoit pas les sentimens de son cœur par quelque retour éclatant, auquel j’attachasse moi-même de l’honneur et du plaisir. Lorsqu’il fut en état de se faire transporter à Boulogne, toute la famille chercha des prétextes pour m’engager à le suivre, et pour me retenir dans cette ville. Le général me fit promettre qu’aussi-tôt que son frère pourroit consentir à se priver de moi, je ferois avec lui le voyage de Naples. L’évêque, qui passe à Boulogne tout le tems qu’il peut dérober à ses fonctions, et qui est homme de lettres, me pria de lui donner les premières leçons de la langue angloise. La réputation de notre Milton commençoit à se répandre en Italie. Milton devint notre principal auteur. Nos lectures se faisoient ordinairement dans la chambre du malade, pour contribuer à son amusement. Il voulut être aussi mon écolier. Le père et la mère étoient souvent avec nous, et Clémentine prenoit plaisir à les accompagner. Elle me nomma aussi son précepteur ; et quoiqu’elle n’assistât pas à mes lectures aussi souvent que ses frères, elle fit beaucoup plus de progrès qu’eux. (en doutez-vous, Lucie) ! Si j’étois en Italie contre mon inclination et mes désirs, je ne regrettois pas l’emploi de mon tems, dans une si douce compagnie. J’étois honoré particulièrement de la confiance de la marquise, qui m’ouv