Page:Richepin - La Chanson des gueux, 1881.djvu/14

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
III
préface

ou morale, vu qu’il était anonyme Tout ce que je puis t’en apprendre, c’est qu’il était à cheval sur les principes, qu’il en profita pour pousser une charge à fond de train contre mon indignité, que son encre de la grande vertu lui servit à me débarbouiller de noires injures pendant deux colonnes, sous prétexte de me laver la tête, et qu’enfin cette austérité farouche florissait dans un journal comique, comme un chardon hérissé dans un champ d’herbes folles.

Pour peu que tu y tiennes, je ne te célerai point le nom de ce journal, qui s’appelle le Charivari ; et, si tu as du loisir et de la curiosité, tu pourras, en feuilletant la collection de 1875 ou 1876, retrouver cette fougueuse mercuriale au nom de la morale outragée. Elle est encadrée entre des nouvelles à la main farcies de calembours, de gaudrioles, qui n’ont rien de sévère, et dont la gaieté va même parfois jusqu’à l’égrillard. Chemin faisant, tu rencontreras des dessins, que pour ma part je déclare charmants au possible, mais qui devaient singulièrement choquer la pudeur d’éléphant de mon censeur. Imagine-toi des femmes en toilette négligée, voire d’aucunes en chemise, prenant devant des messieurs des poses que souligne à l’occasion une légende gaillarde. Elles te