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gueux des champs

Vers ces roses vapeurs où le soleil du soir
S’éteint comme une braise au fond d’un encensoir,
Vers ce firmament bleu dont la gloire allumée
Absorbe avec amour ton âme de fumée,
Vers ce mystérieux et sublime lointain
Où viendra s’éveiller demain le frais matin,
Où luiront cette nuit les splendeurs sidérales,
Monte, monte toujours, déroule tes spirales,
Monte, évanouis-toi, fuis, disparais ! Voici
Que ton dernier flocon flotte seul, aminci,
Et se fond, se dissout, s’en va. Tu perds ton être ;
Aucun œil à présent ne peut te reconnaître ;
Et toi qui regrettais le grand ciel et l’air pur,
Ô vieux bois, tu deviens un morceau de l’azur.