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la mer

C’est toi, bateau, qui gémis.
Or voici, pour ses amis.
Ce qu’il chante.

*


Sur les flots bons ou mauvais.
Toujours et toujours je vais.
Où donc vais-je ?
Ces mathurins casse-cou
Me mènent au Mexique ou
En Norwège.

On part. Moi, je ne sais pas
Quel point marquent leur compas,
Leur boussole.
Ce sont des maîtres méchants.
Seul, le mousse avec ses chants
Me console.

Dans le calme noir des nuits
Il me conte ses ennuis.
Mais qu’importe ?
Lui non plus, l’enfant martyr,
Il ne voudrait pas partir.
Je l’emporte.