Page:Richepin - La Mer, 1894.djvu/229

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
215
étant de quart


Je l’emporte, sanglotant.
Il me maudit. Et pourtant,
Seul je l’aime.
Seul je comprends son chagrin.
Quand moutonne sous un grain
L’onde blème.

Comme lui je hais les flots
Où la main des matelots
Me ballotte,
Où je cours contre mon gré,
Virant au geste exécré
Du pilote.

Comme lui je hais la mer.
Et contre son fiel amer
Je réclame,
Poison gluant que je bois
Par tous les trous de mon bois,
Jusqu’à l’âme.

Comme lui je cherche encor
Le lointain et cher décor
De la terre.
Et comme lui je me sens
Sur ces gouffres mugissants
Solitaire.