Page:Richepin - La Mer, 1894.djvu/293

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
279
les grandes chansons

VI

LES ALGUES


Qui dira la mer végétale ?
Algues, varechs et goëmons.
Tout l’immense herbier qu’elle étale,
C’est ainsi que nous le nommons.
Trois mots pour le peuple sans nombre
Qui tapisse au fond de son ombre
Ses ravins, ses plaines, ses monts !
Trois pauvres mots pour cette flore
Multiforme et multicolore
Que sans relâche fait éclore
L’éternel printemps des limons !

Sans parler des herbes secrètes
Que loin des rayons lumineux
Dans d’inaccessibles retraites
Les flots jaloux gardent en eux.
Forêts vierges aux mille plantes.