Page:Riemann - Œuvres mathématiques, trad Laugel, 1898.djvu/15

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père pouvoir compter, en tous cas, sur l’attention de ceux d’entre vous qui travaillent dans l’ordre d’idées de la Mécanique et de la Physique théorique, mais tous vous devez bien sentir qu’il se présente ici des points de réunion avec le domaine des Sciences naturelles.

On ne peut que ressentir de la sympathie pour la vie extérieure de Riemann ; mais, à part cela, elle ne présente aucun intérêt particulier. Riemann était un de ces savants retirés qui laissent longtemps mûrir en silence, dans leur esprit, leurs profondes pensées. Lorsqu’on 1851, à Göttingue, parut la prééminente dissertation inaugurale, il avait 25 ans ; et il en attendit encore trois avant de terminer son « Habilitation ».

À partir de ce moment se succèdent rapidement ces travaux si marquants dont j’ai à vous rendre compte. À la mort de Dirichlet, Riemann lui succède comme professeur à l’Université de Gottingue en 1859 ; mais, dès 1863, se déclare la maladie funeste à laquelle il succombe en 1866, à peine âgé de 40 ans. Ses œuvres réunies, éditées pour la première fois par MM. Heinrich Weber et R. Dedekind en 1876, ne sont pas très volumineuses. Elles forment un volume in-8o de 550 pages environ, dont la première moitié seule est remplie par les travaux parus durant la vie de Riemann.

La grande activité de travail qui a son point de départ dans Riemann, et qui continue toujours, est uniquement la conséquence de la puissance incomparable de ses conceptions mathématiques si originales et profondes.

Le dernier point est impossible à traiter ici ; aussi chercherai-je plutôt avant tout à éclaircir cette originalité des méthodes de Riemann, en insistant sur la pensée commune de base, source de tous leurs développements. Je dois vous prévenir d’abord que Riemann s’est beaucoup occupé, et d’une manière très suivie, de considérations physiques. Élevé dans la grande tradition dont les noms réunis de Gauss et Wilhelm Weber sont le symbole, influencé, d’autre part, par la philosophie de Herbart, il a toujours, et à maintes reprises, travaillé à la recherche d’une forme mathé-