Page:Rivière - Recueil de contes populaires de la Kabylie du Djurdjura, 1882.djvu/12

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


où un peuple illettré trace à notre curiosité le tableau vivant de ses qualités morales et surtout de ses vices. Ces contes recueillis de la bouche des indigènes durant les soirées d’hiver, donnent, à notre avis, mieux que la poésie, une idée de la langue berbère actuellement parlée en Kabylie. C’est le récit pur et simple dégagé des mots arabes qui encombrent la chanson ; c’est le style familier et populaire du village, le Kabyle n'en connaît point d’autre.

Le kabyle n’est qu’une langue parlée ; l’alphabet de la langue nationale a dû exister, mais assurément il s’est perdu depuis longtemps. De tous les dialectes berbères du nord de l’Afrique, le tamacher’th parlé par les Touaregs est le seul qui ait conservé un système d’écriture à lui propre et des caractères destinés à représenter ses sons. Mais, à défaut de littérature écrite, les Kabyles ont une foule de récits qui se transmettent de père en fils par la tradition orale. D’où, viennent-ils ? Nous croyons que beaucoup sont aborigènes ; mais une étude comparative nous