Page:Robida - Aladin.djvu/16

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— Je t’ordonne, lui dit le magicien d’enlever immédiatement le palais d’Aladin avec tout ce qu’il contient et de le transporter en Afrique avec moi !

Le Sultan poussa une exclamation de surprise, le matin à son réveil, en s’apercevant que le palais de son gendre avait disparu.

— Où est cet imposteur, s’écria-t-il, que je lui fasse couper la tête ? Qu’on me l’amène au plus tôt chargé de chaînes !

Trente hommes partirent aussitôt. Ils rencontrèrent Aladin à quelques lieues, l’enchaînèrent et le conduisirent au Sultan ; le bourreau tira son grand sabre, n’attendant plus que le signal.

— Sire, prononça Aladin, je supplie votre Majesté de bien vouloir me faire connaître de quel crime je suis coupable ?

— Comment ! tu oses faire l’ignorant ? Allons, mets-toi à la fenêtre et dis-moi ce qu’est devenu ton palais ?

Aladin s’aperçut de la disparition de sa demeure.

— Je puis assurer à Votre Majesté, dit-il enfin, que je ne suis pour rien dans cet événement extraordinaire. Je demande un délai de quarante jours. Et si, dans cet intervalle, je n’ai pas réussi à retrouver la princesse, je m’engage à venir vous apporter ma tête à couper !

Le Sultan lui accorda la grâce qu’il demandait et Aladin quitta la ville, sans savoir au juste où diriger ses pas.

À la tombée de la nuit, il arriva au bord d’une rivière, et comme il s’approchait pour procéder aux ablutions d’usage, il faillit tomber dans l’eau, mais se retint à temps à un bloc de roche. En faisant ce mouvement, il frotta l’anneau qu’il portait toujours au doigt, depuis l’aventure du souterrain et, instantanément, le génie qui lui avait sauvé la vie lui apparut en prononçant :

— Que veux-tu ? Moi et les autres esclaves de l’anneau nous sommes prêts à t’obéir comme tes esclaves et les esclaves de tous ceux qui ont l’anneau au doigt !

— Transporte-moi à l’endroit où se trouve mon palais et dépose-moi sous les fenêtres de mon épouse la princesse Bradoulboudour.

Cet ordre fut exécuté à l’instant même et Aladin reconnut sa demeure, il fut aperçu d’une des femmes de la princesse qui envoya ouvrir une porte secrète. Aladin fut bientôt auprès d’elle et lui demanda ce qu’était devenue la vieille lampe qu’il avait mise sur la corniche du salon.

La princesse devint blême et raconta dans quelles circonstances elle avait fait échanger la vieille lampe pour une neuve. Aladin comprit alors que l’auteur de la ruse n’était autre que le magicien africain et apprit qu’il cachait la lampe sur sa poitrine !

— Princesse, lui dit-il, quand le magicien viendra vous rendre visite, recevez-le aimablement, invitez-le à souper, mettez dans un gobelet une pincée de cette poudre, en recommandant à la femme qui vous sert à boire, de vous l’apporter pleine de vin au signal que vous lui ferez. Vous proposerez