Page:Rocca de Vergalo - La Poëtique nouvelle, 1880.djvu/28

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




L’Inhumation


Dans l’éther azuré brillait plus d’une étoile.
Le mort était cousu dans une blanche toile
et deux poids tout rouillés pendaient à ses deux pieds.
Les passagers étaient sombres, terrifiés.
Tout le monde se trouvait à babord, la tête
découverte, les bras croisés. Sinistre fête !
L’orage, au loin, poussait de joyeux grondements.
Ah ! je me souviendrai toujours de ces moments
affreux, de ces apprêts profondément funèbres.
Nous étions presque touts plongés dans les ténèbres,
car les feux éclairaient à peine le grand pont
où l’on voyait pâlir malgré soi plus d’un front.
Toutacoup retentit la voix claire, hautaine,
du vieux loup de mer Katz. C’était le capitaine.
Qu’il dorme en paix ! dit-il, au milieu des sanglots,
et le père et le fils roulèrent dans les flots.


Bénita. — Les Dernières Rhapsodies.
(Le Livre des Incas)



Les Bruits invisibles


A M. J. M. DE GOYENECHE.


Penché sur l’Océan des choses,
le cœur de l’homme entend parfois
des cris, des pleurs sans fin, des voix
dont il ne connaît pas les causes.