Page:Rodenbach - L’Élite, 1899.djvu/120

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MARCELINE DESBORDES-VALMORE




Marceline Valmore est la plus grande des femmes françaises. À ceux qui insistent, aujourd’hui, sur l’infériorité des femmes, sur leur incapacité foncière et pour ainsi dire organique, il suffit de répondre par ce nom-là, une femme tout uniquement de génie, mieux que Georges Sand, trop consacrée, et qui, vraiment, ne fut, elle, qu’un homme de lettres.

Le signe de sa gloire, une gloire très tendre et très auguste, c’est que tous les poètes en ce siècle l’ont aimée également : Hugo, Baudelaire, Lamartine, assez chiche d’éloges, qui lui dédie des strophes d’encens ; Vigny, qui l’appelle le plus grand esprit féminin de notre époque ; Michelet, qui écrit : « Le sublime est votre nature » ; Sainte-Beuve, qui trace d’elle un subtil pastel, poussière d’immortalité ! — puis lui consacre tout un livre ; et d’autres encore : Barbey d’Aurevilly, Banville, Verlaine, — garde d’honneur autour de sa vie, autour de son tombeau, où sans cesse des mains pieuses arrachent les