Page:Rodenbach - L’Élite, 1899.djvu/258

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M. JULES CHÉRET




Celui-ci est un apporteur de neuf. Il a conquis à l’art une province nouvelle. Il créa l’affiche artistique ; et toute la pléiade d’aujourd’hui : les Grasset, les Toulouse-Lautrec, les autres — n’a fait que le suivre dans la voie où il est un maître. C’est en Angleterre, pays de la réclame et de l’imagerie, où il habita longtemps, que l’idée lui en vint. Mais cette idée anglaise, il l’exprima avec le goût suprême et l’esprit endiablé du Parisien qu’il est.

Le mélange en demeure apparent.

M. Chéret veut faire un art gai : papillons et falbalas ! Il a même, dans son atelier, une collection de papillons, qu’il déclare « les plus beaux modèles ». Son idéal de la joie (le peintre de la joie, a-t-on dit de lui), et aussi son idéal du mouvement, sont des apports bien parisiens. La femme qu’il a inventée, « la femme de Chéret », dira l’avenir, trophée de nerfs et de chiffons, avec sa grâce innée, son corps onduleux, sa bouche en œillet, ses cheveux d’un blond de vin qui mousse, est exclusivement parisienne.