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LES JOURS MAUVAIS.


Et tous deux, tristement, sentent que quelque chose,
Quelque chose de doux est mort, bien mort en eux,
Que c’est leur pauvre amour, leur enfant frêle et rose,
Et qu’il est mort du mal des enfant trop heureux !

Qu’ils s’en vont maintenant le mettre dans sa tombe
Comme dans de l’oaute un cadavre d’oiseau ;
Car depuis le matin beaucoup de neige tombe
Et sa fosse aura l’air d’un calme et blanc berceau,

On s’attendrit ; la femme a de vagues reproches
En disant à mi-voix comme on s’aimait jadis ;
Et douloureusement, de très lointaines cloches
Dispersent dans le soir quelques De Profundis.


IV



Mangeant des larmes et du vent
On va toujours, par la grand’route ;
On s’aime encor, on pleure, on doute.
Oh ! si l’amour était vivant !