Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/210

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PRIÈRE


 
Le soir tombe : prions pour les pauvres malades.

Je songe à ceux qui sont dans leur chambre, reclus
Les paralytiques, les perclus,
Ceux qui ne sortiront jamais plus.

Le soir tombe : prions pour les pauvres malades.

Pour les irrémédiables phtisiques
Qui rêvent de candide amour, d’émois physiques,
Et d’un mariage en musique.

Le soir tombe : prions pour les pauvres malades.

Je songe à ceux des salles d’hôpitaux,
Pâles sur l’oreiller de leurs lits sans rideaux,
Qu’on appelle plus que d’un numéro.