Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/38

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PREMIERS BEAUX VERS


 
Où sont les jours d’hiver pleins de calme infini
Dans la salle d’étude, aux carreaux blanc de givre ;
Et les grands abat-jour sur les lampes de cuivre
Comme autour d’une lune un halo d’or bruni.

Quel éveil dans nos cœurs quand le soir, en sourdine,
Chuchotait sa tristesse aux fentes des châssis
Et que, sur les bancs noirs pensivement assis,
Nous lisions, tout songeurs, des vers de Lamartine.

Trouble des premiers vers douloureux ou charmants !
Troubles des premiers vers dont les musiques vagues
Vibraient avec un bruit pareil au bruit des vagues
Et semblaient correspondre à nos jeunes tourments !