Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/56

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L’EAU QUI PARLE


I. ― LES RIVIÈRES

 
Te rappelles-tu nos calmes rivières
Qui se répandaient, limpides et fières,
À travers les champs fleuris de houblons,
Dans le beau pays où les toits sont blonds.
Te rappelles-tu nos rivières lentes
Qui traînaient au loin leurs eaux indolentes,
Tristes de quitter un si doux climat.
À peine une barque avec un long mât
Troublait le sommeil des rivières calmes,
Où les nénuphars allongeaient leurs palmes,