Page:Rodenbach - La Jeunesse blanche, 1913.djvu/68

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.




LUNE CONSOLANTE


 
Souvent, pendant les soirs d’absence et d’abandon,
J’ai contemplé la Lune au visage si bon ;
On eût dit dans le ciel une aïeule indulgente
Inclinant son beau front que la vieillesse argente,
Qui, dans la mort du jour et dans la mort du bruit,
En silence écoutait les plaintes de la Nuit !
Et voyant se pencher ce pâle et doux visage
Affectueusement sur le grand paysage,
Je lui disais :
Je lui disais : Ô toi, rendez-vous vaporeux,
Le rendez-vous des yeux séparés d’amoureux ;
Ile du souvenir dans la mer des nuées
Où les âmes d’amants qui sont exténuées