Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/109

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IX

Les cloches, c’est de la séculaire musique,
Musique dont la vie un peu se communique
À l’agonie, à la tristesse des murs gris
Qui se sentent moins seuls, un moment, moins aigris ;
Car c’est du bruit joyeux qui sur eux persévère
Ô vieux murs, rajeunis par ce chant cristallin,
Quand les cloches, au long d’un escalier de verre,
Viennent enguirlander, d’airs nouveaux, leur déclin.
Vieux murs, pignons déchus et pierres condamnées
Qui reprennent un peu de joie en entendant
Les cloches s’animer dans le rose occident,
Elles qui sont les sœurs de leurs jeunes années,