Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/110

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Elles qui sont les sœurs de joviale humeur
Et qui, pour égayer leur abandon qui meurt,
— Ô taciturnes murs qui n’ont plus qu’elles seules !
Vont inventer des jeux mièvres dans l’air muet.
Alors c’est tout à coup un galant menuet,
Danse de l’autre siècle où de frêles aïeules
Rapprennent à danser sur un air sémillant ;
Une fête de bronze au fond du ciel atone
Avec d’autres, encore plus vieilles, béquillant
À travers le silence et le froid de l’automne,
Qui viennent de tous les clochers du ciel natal…
Tandis que les vieux murs renaissent à leurs danses
Dans des robes sans plis aux froufrous de métal,
S’achevant par l’air vide en prestes révérences !