Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/113

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XI

En des quartiers déserts de couvents et d’hospices,
Des quartiers d’exemplaire et stricte piété,
Je sais des murs en deuil vieillis sous les auspices
D’un calvaire où s’étale un christ ensanglanté :
Plantée en ses cheveux, la couronne d’épines
Forme un buisson de clous, — le corps est en ruines,
Livide, comme si la lance, l’éraflant,
Avait jauni de fiel sa chair inoculée ;
Les yeux sont de l’eau morte ; et la plaie à son flanc
Est pareille au cœur noir d’une rose brûlée…
— Œuvre barbare et sombre où le supplicié
Pend sur le bois noueux d’un gibet mal scié.