Page:Rodenbach - Le Règne du silence, 1901.djvu/112

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Qui, sous un heurt de vent, tout à coup s’évapore
Et fait que l’eau se mue en sommeil incolore !
Sites instantanés, comme à peine rêvés,
En contours immortels je les ai conservés
Et je les porte en moi, depuis combien d’années !
Seul un ciel identique, aux pâleurs surannées,
Triste comme celui qui me les faisait voir,
Les a ressuscités de moi-même ce soir ;
Et c’est ainsi toujours qu’au hasard des nuages
Revivent dans mon cœur de souffrants paysages !