Page:Rodenbach - Les Tombeaux, 1895.djvu/28

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tombeau.

Les quelques dalles survivantes, fichées en terre comme des ancres, se tenaient hautes et droites parmi l’herbe pâle.

D’être négligée et abandonnée à elle-même, cette herbe se décolorait, s’emmêlait avec l’embrouillamini des cheveux d’une morte qu’on ne peigne plus.

Dans ce désordre de la végétation, les pierres funéraires surgissaient d’autant plus inexorables, géométriques. Rien ne les influençait. Le vent des tempêtes d’octobre lui-même s’y cassait