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Appendice Q.



BANCAL DES ISSARTS.

§ 1er.

La biographie de Bancal des Issarts a été faite avec soin et compétence par M. Francisque Mège[1]. Il ne saurait être question de la recommencer ici. Mais nous devons préciser tout ce qui concerne les rapports de Bancal avec les Roland et leurs amis, en complétant le livre de M. Mège sur un certain nombre de points[2].

Jean-Henri Bancal naquit le 3 novembre 1750 à Saint-Martin-de-Londres, en Languedoc, où son père dirigeait une fabrique de bas de soie, qu’il transporta en 1756 a Clermont-Ferrand. Des trois fils du manufacturier, l’aîné continua son industrie, le second, Jean-Louis, entra dans l’armée, où il devint général de brigade et inspecteur général du génie. Le plus jeune, Jean-Henri, après avoir fait ses classes au collège de Clermont, alla étudier à l’Université d’Orléans, où il eut Garran de Coulon pour condisciple et ami.

Le 11 novembre 1783, il acheta une étude de notaire à Paris[3], mais il se lassa assez vite du notariat et revendit son office le 21 octobre 1788[4].

C’est de ce premier séjour de cinq années à Paris que datent ses liaisons avec les amis de Roland. Dès 1787, une lettre de Paul de Lamanon, citée plus haut (p. 674), nous le montre en relations d’amitié avec Creuzé-Latouche et avec Bosc, ses voisins de quartier. (Il habitait en effet rue du Four, près Saint-Eustache) Bosc lui fit connaître Lanthenas , Lanthenas dut le conduire à Brissot, et il semble bien que Bancal soit entré des premiers dans cette Société des Amis de noirs fondée par Brissot aux premiers mois de 1788. Nous avons déjà dit ailleurs (p. 675) qu’il était de ces « promenades philosophiques du dimanche » que Bosc conduisait dans la forêt de Montmorency. Nous l’avons aussi montré faisant partie avec Lanthenas, certainement avant 1789, de ces groupes ou « Sociétés » plus ou moins secrètes ou on se préparait à la Révolution.

En décembre 1788, devenu libre par la vente de son office, il prépara, en vue des

  1. Un vol. in-8°, Paris, H. Champion, 1887.
  2. Quand nous ne donnerons pas de référence, C’est M. Mège, dont le travail a été fait avec des papiers de famille, qui sera notre autorité.
  3. Alm. royal de 1785, p. 404. Bancal y figure sous le nom de Desissarts, successeur de Me Cordier. Il avait ajouté à son nom patronymique, suivant un usage du temps, celui de Des Issarts, tiré d’une propriété de famille, et c’est ce dernier nom qu’il porta jusqu’au décret du 19 juin 1790.
  4. À Pierre-Nicolas Delacour, qui fut membre de la commune de Paris et fut guillotiné le 29 juillet 1794.