Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/765

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L’histoire de la gratification est comme cela, et Bruys a raison.

J’ai reçu hier une invitation bien pressante de Mme Braun, qui veut nous avoir à dîner dimanche ; je me suis défendue sur ce que je n’avais pas le pouvoir d’engager un absent et par les petites raisons d’une nouvelle arrivée qui pourraient ne nous pas permettre d’aller chez elle ; nouvelles prières, instances, etc… J’ai dit que nous ferions le possible, nous verrons ce qui nous arrangera.

Savez-vous, Monsieur, que vous me donnez une sorte de défi sur ma réputation ? C’est fort laid de rire ainsi avec sa femme du relief qu’on lui donne dans le monde. Oh ! le gros méchant !

Aujourd’hui, gloria in excelsis et le reste ; toutes les divisions s’éteignent à table ; le bailliage se réconcilie. Ce soir, le bal.

Je ne sais si je dois donner de l’argent à Saint-Claude pour ma note que je joins ici ; mais je pense que tu en as.

Je t’envoie deux lettres du Mt [Montaran], arrivées de lundi et que, probablement, il te fera bien d’avoir avant de quitter Lyon.

Geay, de Panissière[1], a envoyé une lettre par laquelle il te demande comment il faut faire pour toucher le payement de deux mois d’exercice ; j ai écrit que M. de Llp. était à Lyon d’où il revenait incessamment, mais que M. Geay pouvait être tranquille sur l’objet de sa demande et qu’il serait satifait au delà de espérances. Ce 11 janvier.

Voilà tout ; est-ce bien, mon maître ? Ne rimez pas sans r.

Ta fille raffole de son père, comme lui d’elle ; il est bien plus bon que vous, me répète souvent la rusée, avec un certain air fripon qui fait que je l’aime davantage ; puis elle m’embrasse et dit qu’elle aime à frotter son visage sur ma peau douce. Canaille ! Tous, tant que vous êtes ! Je vous avalerai d’une fois.

Ah ça ! parle donc des boudins aux faiseurs ; en as-tu goûté seulement ?

Mon bon ami, quand tu pourras me faire un grand cadeau, achète-moi Thompson ; achète-le-moi en anglais ; achète-moi aussi sa traduc-

  1. Geay, inconnu. — Panissière, gros bourg du Forez où l’on fabriquait des toiles.