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XV

LITTÉRATURE DE GUERRE



Depuis le commencement de la guerre, les intellectuels ont beaucoup fait parler d’eux, dans un camp comme dans l’autre. On pourrait presque dire que cette guerre est leur guerre, tant ils y ont apporté de passion forcenée.

Mais on n’a pas, semble-t-il, suffisamment remarqué que l’on n’entend les voix, à quelques exceptions près, que de ceux qui appartiennent aux générations âgées, les voix des Académies et des Hochschulen, des poètes primés, des chevronnés de la presse ou de l’Université, des vieille-garde de la littérature, des arts et de la science.

Pour la France, l’explication est simple. Presque tous ceux qui sont en état de porter les armes, jusqu’à l’âge de quarante-huit ans, ne parlent pas, agissent. Il n’en est pas tout à fait de même en Allemagne, où, comme on le verra, pour des causes diverses que je m’abstiendrai de démêler, une grande partie de la jeunesse littéraire est restée au foyer, et continue de publier. Ceux même qui sont au front trouvent moyen d’expédier à la rédaction des revues articles et poésies : (car la manie d’écrire est tenace, en Allemagne).

Il me paraît utile de chercher à connaître les