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4. — LETTRE À E. BAUCHET[1], SUR LES OBJECTEURS DE CONSCIENCE. LA RÉVOLUTION ET LA GUERRE.


… Je vous remercie de votre lettre… Je répondrai sur les divers points qui me semblent sujets à conteste :

1° Vous dites « qu’il y a deux guerres à envisager : la guerre que se font les peuples, au profit de leurs maîtres, et la guerre que les peuples font ou feront aux maîtres, à leur propre profit ».

Il n’y a pas deux guerres, seulement. Il y a une troisième guerre ; et c’est peut-être la plus redoutable d’aujourd’hui : celle que les maîtres feront aux peuples. Ils la font déjà, en Allemagne, en Italie, dans tous les pays où s’introduisent les fascismes, toujours financés par les Banques et par les Forges. La Révolution a perdu l’initiative. L’ennemi, qui sait exactement les dangers, a pris les devants. Il écrase et veut écraser la Révolution, dans l’œuf. Voilà le fait.

2° Vous demandez ce qu’il faut dire aux « pâtes molles » ? Et vous ajoutez qu’ « en leur disant que pour combattre la guerre, il faut d’abord combattre le capitalisme, ils ne suivront pas ». — Il faut leur dire que le capitalisme va les combattre ; ou se servir d’eux pour son combat. — Quand vous espérez « les contaminer à la Paix, en tâchant que leur résistance active ou passive

  1. Secrétaire général du Comité d’organisation du Congrès de la Ligue Internationale des Combattants de la Paix. Cette lettre est du 18 mars 1933.