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302 LES ORIGINES DU THEATRE LYRIQUE MODERNE.

Lully est pour moitié, lettre moite à d'autres qu'à des Fran- çais (1).

Purcell fut enlevé brusquement, dans le plein épanouissement de ses forces, avant d'avoir pu fonder l'art national en Angle- terre. Il mourut le 21 novembre 1695, à trente-six ans. Sa vie, abrégée par le plaisir et le travail, avait été incroyablement ac- tive. Outre les opéras dont j'ai parlé, il avait écrit de la musique pour The Indian quecn (2) , de Dryden ; Tyrannie Love (3), The Fairy queen (4) (1692), The Libertine et Epsom Wells, de Shad- well ; Aurungzebe, de Dryden; un masque pour la tragédie d'Œdipe; quantité de musique religieuse, un Te Deum, Jubi- late (5), des Magnificat, des Anthems d'une grande beauté. Une grande partie de ses œuvres s'est perdue; les collections de ses airs d'opéra , rassemblés après sa mort (6) par sa veuve et ses amis, furent faites un peu au hasard, et nous n'avons que les rui- nes d'un monument à peine commencé, et que personne n'acheva après lui (7).

��(1) Un Anglais se plaint que tous les acteurs d'une tragédie française parlent sur le même ton.

(2) Ecrit en partie par Howard, beau-frère de Dryden, et par Dryden lui- même. Le sujet est emprunté à une guerre (d'authenticité douteuse) entre le Pérou et le Mexique.

(3) D'un auteur inconnu. On y voit une sainte, des esprits astraux, de la magie en lutte avec des saints chrétiens. Certains passages sont assez ridicules, et ont été parodiés par Buckingham. Mais les sentiments sont élevés, et la musique sauve la pièce.

(4) D'après le Songe d'une Nuit d'été.

(5) Ecrits pour la fête annuelle de Sainte-Cécile. C'était le principal con- cert de l'année; la chapelle royale y prenait part. On dit que Dryden avait écrit son Alexander's Feast pour Purcell, mais que ce dernier avait refusé, trouvant les sentiments inexprimables en musique. La partition de Haendel est connue de tous.

On trouve chez Novello, les Anthems de Purcell (62 Anthems); les chants religieux en anglais et en latin, les Te Deum , Jubilate, Magnificat, etc., sous le titre : Purcell's Sacred Music (4 vol.).

(6) Orpheus Britannicus. A Collection of ail The Choicest Songs, for 1, 2, and 3 voices, composed, etc. 2 8 éd., London, William Pearson, 1706, 2 vol., avec un portrait de Purcell à trente-sept ans, par Clostermann, gravé par R. White.

La Purcell-Society a depuis publié presque toutes les œuvres connues du maître. Clarde-Whitfeld a édité les Beauties of Purcell , 2 vol. (Rieves et Turner, à Londres). Diverses petites anthologies modernes, parmi lesquelles : 15 morceaux pour piano, 12 lieder, etc. (Novello).

(7) Purcell est enterré à Westminster-Abbey, prés de Haendel, avec cette épitaphe : « Ici repose Henry Purcell, qui quitta cette vie pour aller dans le monde béni, ou seul, sa propre musique peut être surpassée. »

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