Page:Rollinat - Choix de poésies, 1926.djvu/8

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DANS LES BRANDES 9 En doux reflets elle se fond Parmi les nénuphars qui font Sur l’étang sinistre et profond De vertes plaques ; Sur la côte elle donne aux buis Des baisers d’émeraude, et puis Elle se mire dans les puits Et dans les flaques Et, comme sur les vieux manoirs, Les ravins et les entonnoirs, Comme sur les champs de blés noirs Où dort la caille, Elle s’éparpille ou s’épand, Onduleuse comme un serpent, Sur le sentier qui va grimpant Dans la rocaille ! Oh ! quand, tout baigné de sueur, Je fuis le cauchemar tueur, [pu blanchis avec ta lueur Mon âme brune ; Si donc, la nuit, comme un hibou, Je vais rôdant je ne sais où, C’est que je t’aime comme un fou, 0 bonne Lune !