Page:Rollinat - Paysages et paysans.djvu/244

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Où q’ ya l’ paquet ? j’vous prends un’ chique,
Ça m’ravigot’ra l’estomac ! »
Il partait, mâchant son tabac,
En chantant un fredon bachique.

Un beau jour, je priai mon homme
De me raconter sa façon
De pêche. « À vous qu’êt’ bon garçon,
Fit-il, j’vas vous dir’ ça tout comme :

Et d’abord, le mond’ d’ordinaire
Font d’l’écrevisse un poisson… bah !
De c’te rac’ là, ça n’en est pas,
Pas plus q’moi d’cell’ des millionnaires !

L’écreviss’, par sa têt’, sa queue,
Ses yeux sortis, ses poils tout droits,
L’glissant d’ses patt’, l’serrant d’ses doigts,
Par sa peau dure, noire et bleue,

Sauf qu’elle aim’ l’eau, c’est un insecte
Qui r’semb’ à ceux qu’on voit dans l’corps
Des crapauds et des lézards morts.
Ah ! c’est amateur de c’qu’infecte !