Page:Rollinat - Paysages et paysans.djvu/245

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Eh ben ! pourtant, moi, qui la pêche,
J’peux m’en vanter, l’mieux du canton,
J’me sers jamais d’têt’ de mouton,
Qu’ell’ soit pourrie ou qu’ell’ soit fraîche.

Avec ça faut un tas d’affaires,
D’la ficell’, des engins d’cordier,
Et des sous ? quand il faut payer,
C’est rar’ chez un qui n’en a guères.

Vous allez voir ! j’vas en rapines,
Et j’me coup’ dans quéq’ bon buisson
Un fagot, un vrai hérisson
Si tel’ment qu’il a des épines !

Partout, j’y mets d’la peau d’grenouille,
À l’eau j’le jette, et puis ça yest !
Laissez fair’ ! je n’suis pas inquiet :
J’sais que j’reviendrai pas bredouille.

Mais, c’est d’un travail qu’est pas mince ;
Aussi vrai que j’m’appell’ Romain,
L’meilleur, c’est d’pêcher à la main.
Dam’ ! faut s’méfier ! pac’que ça pince.