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RÉSUMÉ DE LA PREMIÈRE PARTIE

un souvenir durable, Conrad, et enfin Rodolphe III. Après ce dernier, en 1032, la Bourgogne transjurane passa à Conrad II le Salique, empereur d’Allemagne.

3. Toute la Suisse fit alors partie de l’empire d’Allemagne. Au XIIme siècle, les ducs de Zæhringen gouvernèrent la plus grande partie du pays. C’est à eux qu’est due la fondation de Fribourg et de Berne ; le duc Berthold IV fonda la ville de Fribourg en 1178, et Berthold V celle de Berne en 1191.

4. Au XIIIme siècle, la maison de Savoie chercha à accroître sa puissance du côté de la Suisse occidentale. Elle y réussit sous le comte Pierre, surnommé le Petit Charlemagne, qui parvint à étendre sa domination sur le Pays de Vaud, le Bas-Valais et une partie du canton actuel de Fribourg. Ce prince mourut en 1268.

5. Dans le nord de la Suisse, le seigneur le plus puissant était Rodolphe de Habsbourg, qui devint empereur d’Allemagne en 1273. Il réussit à faire du duché d’Autriche, une possession héréditaire de sa maison, qui fut dès lors désignée sous les deux noms de maison de Habsbourg et maison d’Autriche. À la mort de Rodolphe, en 1291, elle dominait sur une grande partie de la Suisse septentrionale et centrale.

Chap. V. — Institutions, mœurs et coutumes au moyen âge.

1. Notre patrie vécut au moyen âge sous le régime de la féodalité. Le pouvoir appartenait aux nobles. Le pays était divisé en un grand nombre de fiefs. Celui qui accordait un fief s’appelait le suzerain ; celui qui le recevait s’appelait le vassal. Le vassal devait prêter serment de fidélité à son suzerain.

2. L’Église avait une influence considérable. Elle possédait une arme redoutable dans l’excommunication. Les évêques et les abbés étaient de véritables seigneurs ayant de vastes domaines, des vassaux et des serfs.

3. La population des campagnes comprenait les hommes libres et les serfs. L’homme libre était maître de sa personne et de ses biens, tandis que le serf était attaché à la glèbe, c’est-à-dire au domaine du seigneur. Dans la Suisse centrale, la proportion des hommes libres était plus grande qu’ailleurs ; certaines vallées avaient déjà leur assemblée générale ou landsgemeinde.

4. Dans les villes, les bourgeois parvinrent peu à peu à s’organiser en communautés ou communes, dont chacune avait à sa tête ses magistrats et son Conseil. Les droits concédés par le seigneur aux bourgeois étaient inscrits dans un acte appelé charte de libertés et de franchises.

5. Le droit de rendre la justice appartenait au seigneur. C’était pour lui un revenu, car il touchait le produit des amendes. Avec le temps, dans les villes, le droit de justice passa aux bourgeois, qui le confièrent à des notables pris parmi eux.

6. L’Église chercha à diminuer les guerres entre seigneurs en instituant la Trêve de Dieu. Pour notre pays, la Trêve de Dieu fut proclamée en 1036, dans une assemblée convoquée par Hugues, évêque de Lausanne, sur la colline de Mont-Riond. Les seigneurs jurèrent de ne pas se battre pendant certains jours de la semaine et durant les grandes fêtes religieuses.