Page:Rosny - La force mystérieuse, 1914.djvu/39

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II

LA NUIT ROUGE


L’auto roulait en grande vitesse. Des gens l’injuriaient au passage ; les carrefours vomissaient des créatures furibondes ; le chauffeur faisait des gestes superflus, remuait la tête d’une façon maniaque ou répondait aux vitupérations par des cris rauques et des coups de trompe.

— Le malheureux s’exalte ! murmura Meyral, tandis qu’on atteignait le pont de l’Alma.

Lui-même subissait une griserie ; les yeux de Langre luisaient sauvagement sous les gros sourcils blancs. Cette hyperesthésie inquiétait d’autant plus le jeune homme qu’elle semblait s’accroître… Il ne s’étonna pas, avenue Marceau, de voir quatre passants bien vêtus se précipiter les uns sur les autres