Page:Rosny aîné – Daniel Valgraive, 1891.djvu/175

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dont la force transperce, élucide, harmonise, fût-ce par voie contradictoire.

Le premier soir de cette lecture, Daniel y goûta des joies singulières. Il s’y immergeait, il s’y éparpillait dans la tendre et solennelle simplicité des origines humaines, adorable à presque tout être, aux mélancolies si longues et si profondes, aux impénétrables conjectures, dentelle et forêt d’âmes, immense demi-nuit de rêves, si proche de la fibre et si loin de la mémoire, si doucement fluide et si mystérieusement rassérénante malgré le psaume de désuétude qu’elle sanglote sur la vastitude des siècles.

Mais, à mesure, un rongement sinistre tourmenta sa pensée. Il revit son espérance de naguère, alors que lui aussi avait rêvé une haute manifestation de son être, alors qu’il fouillait des biblio-