Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/68

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



La duegne.

— Ah ! Vous aimez les gâteaux frais ?J’en suis férue !


Cyrano, lui chargeant les bras de sacs remplis.

Veuillez aller manger tous ceux-ci dans la rue.


La duegne.

Mais…


Cyrano, la poussant dehors.

Mais…Et ne revenez qu’après avoir fini !

(Il referme la porte, redescend vers Roxane, et s’arrête, découvert, à une distance respectueuse.)

Scène VI

CYRANO, ROXANE, LA DUEGNE, un instant.


Cyrano.

Que l’instant entre tous les instants soit béni,
Où, cessant d’oublier qu’humblement je respire
Vous venez jusqu’ici pour me dire… me dire ?…


Roxane, qui s’est démasquée.

Mais tout d’abord merci, car ce drôle, ce fat
Qu’au brave jeu d’épée, hier, vous avez fait mat,
C’est lui qu’un grand seigneur… épris de moi…


Cyrano.

C’est lui qu’un grand seigneur… épris de moi…De Guiche ?


Roxane, baissant les yeux.

Cherchait à m’imposer… comme mari…


Cyrano.

Cherchait à m’imposer… comme mari…Postiche ?

(Saluant.)

Je me suis donc battu, madame, et c’est tant mieux,
Non pour mon vilain nez, mais bien pour vos beaux yeux.


Roxane.

Puis… je voulais… Mais pour l’aveu que je viens faire,
Il faut que je revoie en vous le… presque frère,
Avec qui je jouais, dans le parc — près du lac !…