Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/71

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Cyrano.

Ah !…


Roxane, achevant de lui faire un petit bandage avec son mouchoir.

Ah !…Et figurez-vous, tenez, que, justement
Oui, mon cousin, il sert dans votre régiment !


Cyrano.

Ah !…


Roxane, riant.

Ah !…Puisqu’il est cadet dans votre compagnie !


Cyrano.

Ah !…


Roxane.

Ah !…Il a sur son front de l’esprit, du génie,
Il est fier, noble, jeune, intrépide, beau…


Cyrano, se levant tout pâle.

Il est fier, noble, jeune, intrépide, beau…Beau !


Roxane.

Quoi ? Qu’avez-vous ?


Cyrano.

Quoi ? Qu’avez-vous ?Moi, rien… c’est… c’est…

(Il montre sa main, avec un sourire.)

Quoi ? Qu’avez-vous ?Moi, rien… c’est… c’est…C’est ce bobo.


Roxane.

Enfin, je l’aime. Il faut d’ailleurs que je vous dise
Que je ne l’ai jamais vu qu’à la Comédie…


Cyrano.

Vous ne vous êtes donc pas parlé ?


Roxane.

Vous ne vous êtes donc pas parlé ?Nos yeux seuls.


Cyrano.

Mais comment savez-vous, alors ?


Roxane.

Mais comment savez-vous, alors ?Sous les tilleuls
De la place Royale, on cause… Des bavardes
M’ont renseignée…


Cyrano.

M’ont renseignée…Il est cadet ?