Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome II, 1930.djvu/117

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Montréal. J’approuve entièrement ton plan, et je te promets de taper dur.

« — Ainsi donc, à minuit ! Et demain matin, nous aurons le plaisir de déjeuner avec nos amis des Écureuils. »

« Les événements se succédèrent comme les avaient prédits les deux captifs.

« La flotte leva l’ancre à 3 heures, et, le soir, elle mouilla, partie devant Saint-Augustin et partie devant la Pointe-aux-Trembles. Le vaisseau-amiral sur lequel se trouvaient nos deux Canadiens se balançait nonchalamment sur sa « pioche » vis-à-vis la Grande-Pointe, connue aujourd’hui sous le nom de Pointe-à-Lafrance. Mon grand-père et Pierre Léveillé étaient couchés à l’endroit convenu. Mais, avant de se jeter sur un tas de cordages, mon grand-père avait dit à l’officier de quart :

« — Ah ! ça, monsieur l’officier, nous couchons ce soir sur le pont, parce qu’il fait une chaleur accablante dans les cabines et que nous avons besoin de dormir comme il faut, si nous voulons faire bonne route demain. Nous allons avoir du bon vent. Mais dites donc à vos sentinelles de ne pas faire autant de tapage avec leurs sabots, ça va nous empêcher de fermer l’œil.

« — Allez vous coucher, monsieur le pilote, et dormez bien ; mais prenez garde de faire de mauvais rêves, car j’ai placé sur le pont trois sentinelles, qui sauront vous empêcher de rêver les yeux ouverts. »