Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome II, 1930.djvu/121

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et la chaloupe de votre grand-père et de Pierre Léveillé se dirigeant vers le fort Jacques-Cartier.

— Tiens ! c’est vrai, mon récit n’est pas encore terminé. Je continue, en commençant par mon grand-père et Pierre Léveillé. Lorsqu’ils arrivèrent à l’entrée de la rivière Jacques-Cartier, la mer avait déjà beaucoup de baissant. Alors ils résolurent d’échouer leur chaloupe sur l’islet et d’attendre le jour pour se rendre au bon fort. Mais, pendant la nuit, il s’éleva une forte brise de nord-est ce qui leur fit changer de résolution. Ils restèrent sur l’islet pour empêcher que leur embarcation ne se brisât contre les cailloux à la marée montante. À 10 heures, ils pourront conduire leur chaloupe jusqu’au pont, qui se trouvait alors plus au nord que celui que tu vois aujourd’hui. En attendant, ils s’étendirent sur l’herbe et mangèrent quelques biscuits qu’ils avaient empochés après leur souper à bord de la frégate anglaise. Tout à coup ils aperçurent trois hommes sur la batture au bout du Cap. C’étaient des marins anglais qui, pour gagner la récompense promise, s’étaient éloignés de leurs camarades et faisaient de nouvelles recherches. Quelle ne fut pas leur joie quand ils découvrirent la chaloupe des deux prisonniers ! Pensant qu’ils étaient endormis dans leur embarcation, les Anglais s’avancèrent à petits pas et sans faire de bruit, afin de les surprendre au milieu de leur sommeil ; mais, ô désappointement, la chaloupe était vide. Ils regar-