Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome II, 1930.djvu/28

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cain, ayant l’air tout à fait respectable, se présente à moi et me dit :

« — Monsieur, je puis vous procurer ce que vous demandez. Si vous voulez venir chez moi, je ferai mon possible pour vous satisfaire. Je n’ai pas d’enfants ; je demeure seul avec ma femme. Ma résidence est située à quinze minutes de marche environ de la ville. »

« J’accepte son offre, et j’accompagne immédiatement mon hôte à ma nouvelle maison de pension, où je trouve une excellente table.

« Pendant la journée, j’arpente la ville américaine en tous sens, et je parcours toutes les fonderies, — vous le savez déjà, j’ai appris le métier de mouleur. Vers le soir, je m’engage chez un patron du nom de Goodchild, Bonenfant, un Canadien pur sang, qui m’offre un prix raisonnable. Inutile d’ajouter que j’étais on ne peut plus heureux d’avoir réussi à me caser aussi vite que cela. Et aussi, au souper, je fis jouer le couteau et la fourchette avec une agilité qui peignait bien la joie que j’éprouvais en ce moment.

« À 10 heures, je prends congé de mon hôte, et je me retire dans la chambre que M. Moore, — c’était le nom du propriétaire de la maison, — m’avait destinée. Cette chambre se trouvait au deuxième étage, et pour y parvenir il fallait gravir un escalier tournant, interrompu vers le centre par un palier ayant trois à quatre pieds de superficie. Une fois entré dans « le réduit obscur de mon alcôve