Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome II, 1930.djvu/37

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neur du divin Crucifié. Il n’y a pas longtemps que cette croix montre aux voleurs et aux brigands de cette forêt redoutable la voie qu’ils doivent suivre pour aller au ciel : voie de larmes, de souffrances et de persécutions. C’est en 1820 que le signe de notre rédemption se dressa triomphalement et pour la première fois dans cet horrible et obscur repaire du brigandage. Et voici dans quelle circonstance : le fait que nous allons raconter est historique.

Une vertueuse veuve, possédant une brillante fortune, vivait modestement dans une ville des plus populeuses du Canada. Elle n’avait qu’un enfant, et celui-ci vint au monde quelques jours après la mort de son père. La veuve, restée seule avec son cher enfant, porta ses regards vers le ciel en conjurant la divine Providence de la conduire dans le sentier de la vertu, et trouva dans la prière la consolation aux maux qui étaient venus fondre sur elle au moment où l’avenir lui promettait la plus grande somme de bonheur. Elle ne négligea rien pour donner une éducation chrétienne à son fils et rendre sa vie conforme aux enseignements de la religion catholique. À l’exemple de la mère de saint Louis, roi de France, elle aurait mieux aimé voir son enfant mort à ses