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Apôtres du Pays, héroïques Paulistes,
De notre République ardents Évangélistes,
Vous, que le ciel destine à porter de grands coups,
Je vous aime et salue, et je suis avec vous !


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L’Indien et la Robe-Noire.

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L’Indien


Jeune et noble héritier du zèle apostolique,
Que le seul dévoûment poussa vers l’Amérique ;
Intrépide exilé, Missionnaire ardent,
Que l’espoir du martyre, un jour, en t’arrachant
De la famille en deuil, et du natal rivage,
Attira vers les bois de mon Pays sauvage ;
Que fais-tu dans la ville, apôtre des forêts ?
Que fais-tu si longtemps, consumé de regrets,
Parmi les Blanches-Peaux ?… Lève-toi, Robe-Noire !
Prends ta couverte, et viens dans le Grand territoire,
Au milieu des tribus que ton zèle rêvait,
Quand tu quittas la France et tout ce qui t’aimait !
Lève-toi, Robe-Noire, et remonte le fleuve ;
Traverse les déserts ; et, d’épreuve en épreuve,
Pénètre jusqu’aux lieux qu’habitent les tribus,
Où le Père de Smet imprima ses pieds nus !
 Jeune et noble héritier du zèle apostolique,
Dans ma voix qui te parle, écoute l’Amérique ;
Dans ma voix qui t’exhorte, osant te dire:Viens !
Écoute l’Amérique et tous les Indiens ! —
Que fais-tu dans la ville, apôtre des Sauvages,
Qu’un héroïque amour attira vers ces plages ?
Lève-toi, Robe-Noire, à l’exemple de ceux,
Dont je garde en mon cœur tous les noms glorieux !
Lève-toi, Robe-Noire, aux noms de tant d’apôtres,
Qui vinrent autrefois mourir parmi les nôtres ;
Aux noms de ces héros, ces hardis pionniers,
Que l’Amérique a vus débarquer les premiers !…
 Oh ! lorsqu’un vent du ciel vers tes rives bénies,
Amérique, poussa de saintes colonies ;
Quand les pieux enfants d’Ignace et de François,
Les fils de Dominique, explorèrent tes bois,
Et voguèrent sans voile, en bravant tes orages,
Dans leurs barques d’écorce, au gré des flots sauvages;