Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t10.djvu/357

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du ***.

[Bourg St. Andiol] feroit cela tout aussi bien qu’eux, mais plus agréablement, je résolus de lui donner la préférence & je quittai Montpellier dans cette sage intention.

Je partis vers la fin de Novembre après six semaines ou deux mois de séjour dans cette ville, où je laissai une douzaine de louis sans aucun profit pour ma santé ni pour mon instruction, si ce n’est un cours d’anatomie commencé sous M. Fitz-Moris, & que je fus obligé d’abandonner par l’horrible puanteur des cadavres qu’on disséquoit & qu’il me fut impossible de supporter.

Mal à mon aise au-dedans de moi sur la résolution que j’avois prise, j’y réfléchissois en m’avançant toujours vers le Pont St. Esprit, qui étoit également la route du ***.

[Bourg St. Andiol] & de Chambéri. Les souvenirs de Maman & ses lettres, quoique moins fréquentes que celles de Madame N***.

[Larnage] réveilloient dans mon cœur des remords que j’avois étouffés durant ma premiere route. Ils devinrent si vifs au retour que, balançant l’amour du plaisir, ils me mirent en état d’écouter la raison seule. D’abord dans le rôle d’aventurier que j’allois recommencer je pouvois être moins heureux que la premiere fois ; il ne falloit dans tout le ***.

[Bourg St. Andiol] qu’une seule personne qui eût été en Angleterre, qui connût les Anglois, ou qui sût leur langue, pour me démasquer. La famille de Madame N***.

[Larnage] pouvoit se prendre de mauvaise humeur contre moi & me traiter peu honnêtement. Sa fille à laquelle malgré moi je pensois plus qu’il n’eût fallu, m’inquiétoit encore. Je tremblois d’en devenir amoureux & cette peur faisoit déjà la moitié de l’ouvrage. Allois-je donc pour prix des bontés de la mere,