Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/109

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


vous m’avouerez qu’un commerce d’insulte & de mépris d’une part, de bassesse & de mensonge de l’autre ne doit pas être fort attrayant pour d’honnêtes gens.

Le François.

Ils en sont plus estimables de se sacrifier ainsi pour le bien public. Approcher de ce misérable est une œuvre méritoire quand elle mene à quelque nouvelle découverte sûr son caractere affreux. Un tel caractere tient du prodige & ne sauroit être assez atteste. Vous comprenez que personne ne l’approche pour avoir avec lui quelque société réelle, mais seulement pour tacher de le surprendre, d’en tirer quelque nouveau trait pour son portrait, quelque nouveau fait pour son histoire, quelque indiscrétion dont on puisse faire usage pour le rendre toujours plus odieux. D’ailleurs comptez-vous pour rien le plaisir de le persister, de lui donner à mots couverts les noms injurieux qu’il mérite, sans qu’il ose ou puisse répondre, de peur de déceler l’application qu’on le forcé à s’en faire : c’est un plaisir qu’on peut savourer sans risque ; car s’il se fâché il s’accuse lui-même, & s’il ne se sache pas, en lui disant ainsi ses vérités indirectement, on se dédommage de la contrainte ou l’on est forcé de vivre avec lui en feignant de le prendre pour un honnête homme.

Rousseau.

Je ne sais si ces plaisirs-la sont sort doux, pour moi je ne les trouvé pas sort nobles, & je vous crois assez du même avis puisque vous les avez toujours dédaignés. Mais, Monsieur,