Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/108

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Rousseau.

On ne doit pas disputer contre les faits ; mais convenez que vous me peigne ? la un bien singulier personnage, qui n’empoisonne que ses amis, qui ne fait des livres qu’en faveur de ses ennemis, & qui suit les hommes pour leur faire du mal.

Ce qui me paroit encore bien étonnant en tout ceci, c’est comment il se trouvé d’honnêtes gens qui veuillent rechercher hanter un pareil monstre dont l’abord seul devroit leur faire horreur. Que l’a canaille envoyée par vos Messieurs & faire pour l’espionnage s’empare de lui, voila ce que je comprends sans peine. Je comprends encore que trop heureux de trouver quelqu’un qui veuille le souffrir, il ne doit pas lui, misanthrope avec les honnêtes gens, mais à charge à lui-même, se rendre difficile sûr les liaisons, qu’il doit voir, accueillir rechercher avec grand empressement les coquins qui lui ressemblent, pour les engager dans ses damnables complots. Eux de leur cote, dans l’espoir de trouver en lui un bon camarade bien endurci peuvent malgré l’effroi qu’on leur à donne de lui, s’exposer par l’avantage qu’ils en espérent au risque de le fréquenter. Mais que des gens d’honneur cherchent à se faufiler avec lui, voila, Monsieur ; ce qui me passe. Que lui disent-ils donc ? Quel ton peuvent-ils prendre avec un pareil personnage ? Un aussi grand scélérat peut très-bien être un homme vil qui pour aller à ses fins souffre toutes sortes d’outrages, & pourvu qu’on lui donne à dîner boit les affronts comme l’eau, sans les sentir ou sans en faire semblant. Mais