Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/149

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vues dont son séjour dans ce pays-la & les effets qu’il y a produits semblent développer assez l’objet ? Si l’on peut donner à ce refus d’autres motifs, qu’on me les dite, & je promets d’en montrer la fausseté.

Monsieur, tout ce que vous m’avez appris tout ce que vous m’avez prouve est à mes yeux plein de choses inconcevables contradictoires absurdes, qui pour être admises demanderoient encore d’autres genres de preuves que celles qui suffisent pour les plus completes démonstrations, & c’est précieusement ces mêmes choses absurdes que vous dépouillez de l’épreuve la plus nécessaire & qui met le sceau à toutes les autres. Vous m’avez fabrique tout à votre aise un être tel qu’il n’en exista jamais, un monstre hors de la nature, hors de la vraisemblance, hors de la possibilité, & forme de parties inalliables incompatibles qui s’excluent mutuellement. Vous avez donne pour principe à tous ses crimes le plus furieux le plus intolérant le plus extravagant amour-propre qu’il n’a pas laissé de déguiser si bien depuis sa naissance jusqu’au déclin de ses ans qu’il n’en a paru nulle trace pendant tant d’années & qu’encore aujourd’hui depuis ses malheurs il étouffe ou contient si bien qu’on n’en voit pas le moindre signe. Malgré tout cet indomptable orgueil, vous m’avez fait voir dans le même être un petit menteur un petit fripon un petit coureur de cabarets & de mauvais lieux, un vil & crapuleux débauche pourri de vérole, & qui passoit sa vie à aller escroquant dans les tavernes quelques écus à droite & à gauche aux manans qui les fréquentent. Vous avez prétendu que ce même personnage étoit le même homme qui pendant quarante ans à vécu estime bien voulu