Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/160

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


n’en sauroit avoir à leur égard : & que peut-il penser de ces patelins flagorneurs dont, vu l’œil dont il est regarde dans le monde & qui ne peut échapper au sien, il doit pénétrer aisément les motifs dans l’empressement qu’ils lui marquent ? Il doit voir clairement que leur dessein n’est ni de se lier avec lui de bonne soi ni même de l’étudier & de le connoitre, mais seulement de le circonvenir. Pour moi qui n’ai ni besoin ni dessein de le tromper, je ne veux point prendre les allures cauteleuses de ceux qui l’approchent dans cette intention. Je ne lui cacherai point la mienne : s’il en étoit alarme, ma recherche seroit finie & je n’aurois plus rien à faire auprès de lui.

Le François.

Il vous sera moins aise, peut-être, que vous ne penses de vous faire distinguer de ceux qui l’abordent à mauvaise intention. Vous n’avez point la ressource de lui parler à cœur ouvert & de lui déclarer vos vrais motifs. Si vous me garder la foi que vous m’avez donnée, il doit ignorer à jamais ce que vous savez de les œuvres criminelles & de son caractere atroce. C’est un secret inviolable qui près de lui doit rester à jamais cache dans votre cœur. Il appercevra votre réserve, il l’imitera, & par cela seul, se tenant en garde contre vous, il ne le laissera voir que comme il veut qu’on le voye, & non comme il est en effet.

Rousseau.

Et pourquoi voulez-vous me supposer seul aveugle parmi tous ceux qui l’abordent journellement & qui sans lui inspirer